jeudi 23 mars 2017

23 mars 1917 – Retour au régiment


Je retrouve mon régiment le 23 [mars].  

Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie, La guerre)
 
Source : JMO du 132ème R.I. – 23 mars 1917
 

mercredi 22 mars 2017

Paris, 22 mars 1917 – Jean à sa mère

Paris, 22/3/1917
            Maman chérie 

            Me voici à ma première étape. J’ai fait un excellent voyage. Je viens de passer une delicieuse journée avec [Daniel] Loux et Mlle [Léo] Viguier. Nous avons déjeuné chez cette dernière. Ce soir je dîne à la fac. J’ai eu le plaisir de voir ce matin Mr [Henri] Monnier. Je repars à 8 heures pour le point d’où je suis venu. Je ne pense pas que mon regiment ait bougé.
Très tendrement 

Jean

mardi 14 mars 2017

Mars 1917 – Permission quai aspirant Herber

Source : Pierres vives, archives départementales de l'Hérault en ligne
   
   Période heureusement écourtée par une permission inattendue dans le Midi. Ma famille a déménagé. Elle a quitté la Villa de Suède, sur la colline et s’est installée sur le quai, dans une maison vaste et agréablement située[1]. Ma mère vit maintenant tout à fait chez ma sœur et mon beau-frère.
       C’est au cours de cette permission que nous apprenons la sensationnelle retraite stratégique de l’armée allemande sur la ligne Hindenburg.  

Mémoires de Jean Médard, 1970 (3ème partie, La guerre)

[1] 4 quai aspirant Herber.

lundi 6 mars 2017

Coincy, 6 mars 1917 – Jean à sa mère

6/3/1917
            Maman chérie 

            Nous voici redevenus pérégrins. Nous avons quitté hier matin notre boueux village [Mont-sur-Courville]. Dans la nuit on nous a appris que nous avions à rejoindre le regiment par petites étapes. C’est ce que nous sommes en train de faire. Les marches ne sont pas trop longues, et les patelins trop inhabitables.  Aujourd’hui même nous sommes vraiment bien ça n’a d’ailleurs rien d’étonnant puisque nous nous éloignons du front.
Source : JMO du 132ème R.I. – 6 mars 1917
            Après déjeuner j’ai fait une partie de cartes avec le commandant [Rivals], ça ne m’était pas arrivé depuis la Somme. Et maintenant je me fends d’une lettre. J’y ai un vrai mérite car il fait froid dans ma chambre.
            Tous ces changements donnent du retard à tes lettres et aux autres, elles sont d’autant plus précieuses quand on les reçoit.
            J’ai enfin reçu la lettre et l’argent de tante Fanny.
            Je te quitte, la nuit tombe, ou plutôt je ne te quitte pas, je suis toujours très près de toi et c’est la grande douceur de ma vie.
 
Jean 

dimanche 5 mars 2017

5 mars 1917 – Changement de cantonnement (Cierges)

Source : JMO du 132ème R.I. – 5 mars 1917

vendredi 3 mars 2017

Mont-sur-Courville, 3 mars 1917 – Jean à sa mère

3/3/1917
            Maman chérie 

            Je n’ai rien reçu de toi aujourd’hui Mais je n’ai rien à dire moi qui t’ai laissé 3 jours sans lettres.
            Je ne t’ai pas dit grand-chose de ma vie ici. Ici c’est un village pas très loin de celui où j’ai retrouvé le regiment en rentrant de permission[1]. Le 1er Janvier j’avais même essayé d’y arriver pour voir René de Richemont [cousin de Jean côté Leenhardt] qui y était cantonné. Je n’ai eu alors ni le temps ni la force d’y arriver. Je crois t’avoir raconter en son temps cette équipée. C’est un de ces villages qui étaient peut-être délicieux avant la guerre et qui sont maintenant bourrés de soldats et noyés de boue. La population civile est aigrie, blasée, mefiante. Aussi les heures y sont facilement couleur de boue. Pourtant j’ai tord de me plaindre. Nous n’allons au travail qu’à tour de role G. [K.G. anonymisé par l’auteur du blog], Millière et moi, ce qui me donne des loisirs ; par dessus le marché je puis profiter de ces loisirs pour lire et écrire. Je viens de lire un beau livre d’André Gide « la Porte étroite » puis de Rudyard Kipling. Je comprends très bien ce que tu me dis de tes difficultés pour attacher ton attention à une lecture. Je lis très mal et mes lectures me profitent peu.
            Je n’ai encore aucun écho de la journée du 25.
            A quel moment pensez-vous demenager.
            J’ai reçu une lettre de tante Fanny, qui m’avait envoyé une lettre et de l’argent au secteur 175. Je n’ai encore reçu ni la lettre ni l’argent. J’espère que ça viendra.
            Je suis avec vous de toute ma pensée et de toute ma tendresse 

Jean

[1] Il était alors à Saint-Agnan (Aisne), qui se trouve à 36 km de Mont-sur-Courville, où des carrières ont effectivement longtemps été exploitées.

jeudi 2 mars 2017

Mont-sur-Courville, 2 mars 1917 – Jean à sa mère

2/3/1917
            Maman chérie 

            Je viens de recevoir ta lettre du 26. Tranquillise-toi. Nous sommes si loin du front encore que nous entendons à peine le canon, et bien rarement. Les seules detonations, c’est nous qui les provoquons. Nous travaillons dans des carrières, et nous faisons sauter des pierres à la mine. C’est presque amusant.
            Malheureusement, la neige semble s’être remis de la partie et le travail cette après-midi en était devenu plus penible. Puisque la grossesse de Suzon est devenue officielle, je ne crains plus de faire de gaffe en parlant. Je la félicite et j’en suis bien heureuse pour elle. Je pense que c’est une des plus grandes joies de la vie. Il faut espérer qu’elle le paiera moins cher cette fois[1].
Bien tendrement 

Jean

[1] Elle avait eu, lors de la naissance d’Elna en août 1915 une fièvre puerpérale dont elle avait mis plusieurs mois à se remettre.

mercredi 1 mars 2017

Mont-sur-Courville, 1er mars 1917 – Jean à sa mère

1/3/1917
            Maman chérie 

            Je viens de recevoir ta lettre du 24. Merci. Mon changement de secteur ne m’a séparé de personne, c’est un changement de numero simplement. Il ne m’a heureusement pas séparé d’Hervé [Leenhardt]. Je retrouverai ce dernier lorsque le bataillon aura fini cette periode de travail et rejoint le regiment et la division.
            Nous sommes favorisés par un temps doux et pas trop maussade. J’espère que les preparatifs de demenagement ne sont pas trop fatigants. Bonnes nouvelles de tout le monde. Ici je ne suis pas trop mal installé ; mais jusqu’à maintenant j’ai eu bien peu de temps à moi
Très tendrement

Jean