dimanche 16 avril 2017

Sète, 16 avril 1917 – Mathilde à son fils

Cette le 16/4/1917
            Mon enfant chéri 

            J’ai fait hier une séance d’attente si longue chez Dollard, que je n’ai pu t’écrire en rentrant comme je me le proposais. Je me suis occupée de Na qui rentrait d’une promenade en voiture avec ses parents. Aujourd’hui mistral fort qui la tient au logis, où j’attends aussi bien impatiemment la lettre espérée ! J’ai écrit un mot à oncle Fernand [Leenhardt] pr lui exprimer ma sympathie dans ses angoisses, je l’avais si mal fait toute à ma peine à moi et bien égoïste en ce moment. Le soir Hugo et Suzie se sont retirés de bonne heure et moi dans ma chambre solitaire j’ai été toute à toi te suivant, peut être dans la nuit glacée sous le bombardement qui demeure semble t il horrible, intense mais tu n’es jamais seul n’est-ce-pas ?
            Je n’ai pas fini de te conter ma course rapide à Montpellier. J’ai été chercher les livres qui ne sont pas encore reliés !!! manqué Bourguet. fait visite aux Herrmann qui se sont bcoup informés de toi. Il y avait chez eux deux mamans peinées comme moi, l’une Mélie avait un de ses fils dans une grotte champignonnière aux environs de Soissons. C’est tout comme celle que tu viens de quitter n’est ce pas ? Ce jeune homme a été à Salonique et dit qu’il n’y a pas de comparaison avec le front français qui est pourtant bien mouvementé en ce moment. Les braves Anglais font aussi de la bonne besogne elle doit coûter cher.
            Hugo souffre de violents maux de tête qui impressionnent Suzie. Je les ai décidé à aller voir Rouzier ou tout autre à Montpellier. Il doit avoir besoin d’un peu de repos de tête, qu’un docteur ordonnera sans doute et alors ils partiront tous deux, mais aux beaux jours et quand Hugo aura formé son Norvégien qui n’est pas encore arrivé. Ns attendons oncle Axel [Busck]demain.
            Je me hâte tjours en retard pr expédier ma lettre que je dois aller porter à la gare. Je dirai aussi adieu à S. [Suzanne] Egg qui repart à 2 h 40.
            Mon bien aimé que Dieu soit près de toi. Ta maman ne te quitte pas un seul instant et t’embrasse de toute son âme. 

Math P Médard 

            Tjours tendresses de la maisonnée.